Nouvelle vague de censure : Russia VPN interdit depuis le 1° novembre

Depuis le 1° novembre, la VPN Russia interdiction est entrée en vigueur.

Pour faire simple, tout fournisseur de VPN qui ne respecte pas la législation autrement dit les restrictions actuelles sera interdits. Les moteurs de recherche seront également sanctionnés s’ils affichent des sites interdits dans leur page de résultat.

Bien évidemment, imposer des restrictions sur les VPN va à l’encontre même du but d’un VPN : offrir à ses clients un internet libre et illimité.

Offrir la possibilité de surmonter la censure et autres blocages géolocalisés tout en offrant une connexion anonyme et sécurisée.

Un VPN Russia est donc particulièrement utile dans ce pays… Alors en quoi consiste cette interdiction ? Quelles sont les restrictions mises en place ? Quelle conséquences ? Nous faisons le point sur la question.

russian flag on a pole over beautiful sky

En quoi consiste l’interdiction VPN en Russie ?

L’attitude de la Russie vis-à-vis des VPN fait bien évidemment penser à celle de la Chine. Pékin et son grand Firewall bloque régulièrement ce genre de service. Leur interdiction totale est d’ores et déjà prévue d’ici à février 2018.

En interdisant les VPN, au final plus d’un milliard de personnes perdent l’accès à un internet libre. Autant de citoyens qui perdent la possibilité de contourner des lois bien trop restrictives. La censure gagne en effet de plus en plus de terrain dans le monde.

Mais en Russie, la restriction ne va pas concerner tous les fournisseurs de VPN. Seuls ceux qui ne respectent pas les nouvelles règles du jeu seront interdits…

Que veut dire la nouvelle loi ?

La nouvelle législation qui a donc été adoptée par Poutine et le parlement russe, n’est pas qu’une simple interdiction des Russia VPN. Le pouvoir cherche en réalité à contrôler cette technologie.

Autrement dit, tout fournisseur de VPN qui permet d’accéder à des sites mis à l’index par le Roskomnazdor, le flic russe de l’internet, sera finalement interdit. Soit les Russia VPN se plient au nouvelles normes de la censure et collaborent avec les autorités, soit ils disparaissent.

Une liste noire des sites interdits par le Roskomnadzor est ainsi fournie aux FAI et entreprises Télécom de Russie. L’accès ax sites qui s’y trouvent doit ainsi être bloqué. Visiblement, il y aurait plus de 100 noms de fournisseurs de VPN et autres proxys…

Comment la nouvelle loi va-t-elle être mise en place ?

C’est le Service Fédéral de Sécurité qui va contrôler que les nouvelles mesures sont bien connues et appliquées. Que tous les services concernés ont pris connaissance de la liste noire publiée par le Roskomnadzor.

Les fournisseurs de VPN vont alors avoir 30 jours pour s’enregistrer auprès du Roskomnadzor. Ceux qui ne se soumettent pas à cette nouvelle mesure seront donc interdits sous 24 heures.

L’accès au service VPN ne sera par conséquent accordé que pour les fournisseurs qui se conforment à la nouvelle législation.

Quant aux FAI, ils sont également obligés d’interdire l’accès à tous les sites mentionnées sur la liste et aux fournisseurs Russia VPN qui ne se seraient donc pas soumis à la censure. Ils disposeront d’un délai de 3 jours pour le faire.

Malheureusement, la censure du net est une tendance mondiale. De plus en plus de pays cherchent en effet à limiter l’accès au web.

Nous sommes donc en train de voir émerger un web complètement nouveau : de moins en moins libre avec des blocages mis en place de plus en plus rapidement.

A padlock icon on a circuit board background. Online security concept

Pourquoi interdire les VPN ?

Pour la simple et bonne raison que des fournisseurs de VPN comme Hidemyass, VyprVpn et NordVPN permettent de contourner la censure.

En effet, grâce à un service VPN, l’utilisateur peut changer d’adresse IP. Il se trouve alors virtuellement n’importe où et peut par conséquent contourner la censure mise en place dans son pays.

Un utilisateur de VPN va qui plus est bénéficier d’un trafic chiffré qui le protège de l’intrusion des autorités.

Forcément, ces possibilités ne sont pas du goût des censeurs. Contourner les interdictions, accéder librement à l’information sans que le pouvoir ne puisse le contrôler, ça ne plait pas du tout aux autorités…

Par conséquent, les seuls services Russia VPN qui seront disponibles seront ceux qui se sont conformés à la nouvelle législation. Ceux qui seront donc complices de la censure.

Les fournisseurs de VPN vont-ils accepter cette nouvelle législation ?

Il faudra bien évidemment voir au cas pas cas. Mais une chose est sûre, accepter ce genre de condition, c’est trahir l’essence même d’un VPN.

Accepter la nouvelle législation c’est synonyme de données sur les utilisateurs qui sont stockées et disponibles si besoin pour les autorités (pas uniquement des métadonnées).

Ça veut dire aussi des backdoors de cryptage mis à la disposition du pouvoir. En d’autres termes, ça veut donc dire que dans ces conditions un Russia VPN ne sert plus à rien. Accepter ces conditions c’est faire perdre toute crédibilité à un service VPN.

Récemment Linkedln a ainsi été bloqué en Russie. Son mal ? Avoir refusé de fournir aux autorités des informations privées sur les utilisateurs stockées dans des serveurs présents en Russie.

On s’attend malheureusement à ce que de nombreux fournisseurs de VPN baissent la tête et se plient à ces nouvelles exigences… En réalité, d’après Vedomosti, de nombreux fournisseurs de Russia VPN aurait déjà accepté ces nouvelles normes… Ces Russia VPN auraient ainsi commencé à censurer les sites comme le font les FAI.

Une situation de plus en plus préoccupante

La situation en Russie est en réalité de plus en plus préoccupante. En effet, les restrictions ne concernent pas uniquement les VPN.

Un nouvel amendement oblige désormais les services de messageries à enregistrer les utilisateurs avec une identité bien réelle.

Là encore les services de communication cryptées sont visés. L’objectif ? Permettre aux autorités de corréler des métadonnées et autres informations avec un utilisateur…

Et en réalité, ça n’a rien de surprenant. Ces nouvelles mesures s’inscrivent en effet dans une logique de contrôle de plus en plus intense.

En 2015, une nouvelle législation a ainsi interdit à tout citoyen russe de stocker des données sur des serveurs à l’extérieur du pays. D’autres mesures comparables ont également été imposées aux entreprises étrangères ou aux blogueurs.

Ce n’était qu’un début. En effet, en 2016, la « loi Yarovaya » exige à tous les FAI de conserver des informations sur tous leurs clients pour une période minimum de 6 mois. Cette véritable banque de données permet ainsi aux autorités de créer le profil détaillé des citoyens.

Une situation de plus en plus critique et critiquée

La censure qui ne cesse de progresser en Russie ne peut être niée par personne. De plus en plus de monde semble d’ailleurs la critiquer ouvertement.

C’est par exemple le cas de Denis Krivosheev, Directeur Adjoint d’Amnesty International pour l’Asie et l’Europe Centrale. Il estime ainsi que :

« Les autorités russes sont de plus en plus intolérantes vis-à-vis de la dissidence. Les technologies qui permettent aux internautes de contourner la censure et protéger leur vie privée sont donc essentielles pour la liberté d’expression en ligne.

Mais aujourd’hui, les autorités se sont munies d’outils législatifs comme l’interdiction des Russia VPN qui permettent à la population d’accéder à une information libre. »

Snowden s’est lui aussi exprimé sur la situation. Le lanceur d’alerte de la NSA a lui aussi sévèrement critiqué cet état des choses.

« Nous devons être clair : ce qui se passe en Russie comme en Chine n’a rien à voir avec une régulation d’internet. Il s’agit d’une violation ouverte des Droits de l’homme.

En interdisant l’utilisation des outils les plus basiques pour protéger sa vie privée en ligne, la Russie n’est pas plus sûre mais moins libre. C’est une tragédie. »

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